Guerre à l’Europe : voilà la réalité que nos dirigeants refusent de voir

23.03.2016

Un ennemi qui nous combat, manœuvre, et riposte lorsque nous lui portons des coups : voilà la réalité que nos dirigeants refusent de voir. Un ennemi qui se joue des frontières. Un ennemi organisé. Un ennemi qui dispose d’un effectif de dizaines de milliers de combattants implantés du Maghreb au Levant, de soutiens, de logistique, de financements, de camps d’entraînement, d’entrepôts d’armes et de munitions, d’une police secrète, de cellules de communication, de services de recrutement, et ce, depuis plus de 25 ans.

Et cet ennemi a toujours un coup d’avance. Salah Abdeslam devait se faire sauter ? L’effet majeur est obtenu, tous les objectifs atteints : ordre en cours d’action, on active des cellules dormantes, on variante d’itinéraire et on exfiltre le dernier survivant du commando. Pendant ce temps, en France, 80 magistrats et des centaines de policiers s’interrogent. Tiens donc, il manque un kamikaze qui a été exfiltré, et une ceinture d’explosifs qui a été retrouvée. Quatre mois plus tard, on demande aux forces spéciales belges de le prendre vivant : une balle dans le genou et il est coxé. C’est propre, mais pan sur le bec, quatre jours après l’ennemi riposte : même pas mal. Du grand art de la guerre, avec une versatilité et une initiative déconcertantes.

Hier, Manuel Valls déclarait : « Il faut comprendre la radicalisation. » Aujourd’hui, à Bruxelles, c’est un cruel rappel à la réalité. Toujours une guerre de retard, et l’ennemi exploite la trouée des Ardennes pour nous menacer.

Tel le chat maigre, il se meut et frappe selon son propre agenda, en France, nous bedonnons et expédions les affaire courantes avec la morgue habituelle. Sous les fesses, les fauteuils brûlent, mais personne ne se remettra en question. Rien ne sera mis sur la table, ni les frontières, ni une économie étouffée de charges, ni une armée saignée aux quatre veines, ni l’organisation picrocholine de la lutte antiterroriste en France, avec ses officines et ses baronnies. Tout sera conservé au prix du sang des innocents pour le seul bénéfice des responsables.

Quelles sont les préoccupations de nos parlementaires ? Leur siège et le moyen de le sauver : éviter l’état du même nom qui pourrait les voir éjecter de la place. La réforme qui va constitutionaliser le régime de l’état d’urgence, cet État policier qui permet de le préserver indéfiniment, sous couvert de lutte antiterroriste, pour éviter le recours à l’ultima ratio : l’état de siège. Le plus beau témoignage de cet état d’esprit : le secret de poli… chinelle, le huis clos sur le Bataclan pour éviter le scandale.

Dès le lendemain des attaques du 13 novembre, le président de la République déclarait : « Il n’est pas concevable de transférer à l’autorité militaire des pouvoirs. Et pourtant, nous sommes en guerre. » Cette profession de foi inédite résume tout. Transférer des pouvoirs à l’armée, pour la clique en place, ce serait le perdre. Nous sommes en guerre, mais par pitié, tout sauf la guerre, tout sauf l’armée. Il faudra un mai 1940 ou un mai 1958 pour que le pouvoir civil avoue sa déconfiture, et accepte la réalité des conséquences de décennies de politique désastreuse.

« Le soldat n’est pas un homme de violence. Il porte les armes et risque sa vie pour des fautes qui ne sont pas les siennes. Son mérite est d’aller sans faillir au bout de sa parole, tout en sachant qu’il est voué à l’oubli » (
Antoine de Saint-Exupéry).

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