D. Baupin : harcèlement et omerta

Omerta chez les Verts ! Depuis un peu plus d’une journée maintenant, l’affaire Baupin suscite la consternation des média et des politiques. Le vice-président de l’Assemblée nationale, qui a démissionné lundi, est accusé de harcèlements sexuels multiples pour faits qui se sont produits dans son entourage politique. En cause, des pratiques plus que limite à l’égard de ses collègues femmes.

SMS graveleux, réflexions et attitudes déplacées, Denis Baupin apparaît comme un multirécidiviste du harcèlement. Une enquête menée par Médiapart et France Inter a révélé le scandale jusqu’alors inconnu du public mais bien connu de la sphère politique. Le député a porté plainte contre ces 2 média. Les présumées victimes de Baupin sont des élues et des collaborateurs d’Europe Ecologie-Les Verts, parti qu’il a quitté le 18 avril dernier, défendant une ligne pro-gouvernementale contre une partie de ses collègues. La sortie de l’affaire, moins d’un mois après son départ, semble également relever du règlement de compte.

Parmi les témoignages, on trouve des messages envoyés par l’élu dans lesquels on peut lire : “je suis dans un train et j’aimerais te sodomiser” ou encore “j’ai envie de voir ton cul”. Outre cette prose galante, des épisodes hallucinants se sont déroulés dans les locaux du parti écologistes. C’est là que selon le conseiller régional Annie Lahmer, Denis Baupin lui courait littéralement après autour du bureau. La course poursuite terminée, le député lui a clairement affirmé qu’elle n’aurait jamais de poste dans le parti… Des faits semblables se seraient déroulés à l’Assemblée nationale.

Pourtant, sur le réseau social Twitter, Denis Baupin n’hésitait pas à se faire passer pour un fervent défenseur des femmes, mettant en cause notamment des élus de droite comme Nathalie Kosciusko-Morizet ou Valérie Pécresse pour leur supposée misogynie.

Dans l’affaire, une autre personne est pointée du doigt : sa femme Emmanuelle Cosse, cadre écologiste et surtout actuel ministre du logement. Cette dernière avait pris la défense de son mari lors d’un conseil fédéral d’Europe Ecologie alors que le sujet était mis sur la table par des militants. Le soutien d’un ministre à un potentiel prédateur donc… mais pas seulement. L’omerta autour des pratiques de Denis Baupin touche toute une partie de la gauche. Clémentine Autin, apparenté au Parti Communiste, en pointe sur les questions de féminisme et elle-même victime d’un viol, était au courant mais n’avait rien dit. Elle estime d’ailleurs que “tout le monde savait”. Tout le monde savait, comme pour Dominique Strauss-Kahn hier et un certain locataire du ministère près de la Gare de Lyon… Comme pour DSK, les faits se seraient répétés dans le temps. En effet, les agissements de Denis Baupin auraient débuté en 1998… Avec cette parole libérée, d’autres personnes pourraient témoigner et d’autres scandales pourraient être dévoilés mais pas seulement à gauche. Aucun parti politique n’est à l’abri !

Source : TV Libertés