Fidel et Raul Castro unis contre le capitalisme

Jeudi, 21 avril, 2016 - 11:30

Fidel et Raul Castro ont uni leurs voix cette semaine pour faire passer un message sans équivoque: l'ouverture de Cuba à l'économie de marché se fera à un rythme modéré, en dépit des attentes nourries par le rapprochement avec les Etats-unis.

Rarement réunis à la même tribune, les frères Castro, âgés de 89 et 84 ans, sont apparus ensemble en clôture du 7e congrès du Parti communiste de Cuba (PCC), dernière grand-messe du parti unique dirigée par la génération historique, atteinte par la limite d'âge.  Les deux frères, qui n'avaient plus été vus ensemble depuis trois ans, ont voulu afficher leur harmonie face aux Cubains un mois après la visite historique du président américain Barack Obama, qui avait appelé de ses voeux des réformes politiques et économiques sur l'île. Visiblement ému, le père de la révolution cubaine a évoqué son décès éventuel et sa confiance dans la pérennité de son legs communiste, tandis que son cadet écartait tout retour au "capitalisme", tout en tentant de fédérer défenseurs de la continuité et partisans du changement autour de réformes contrôlées.

Car si les voix discordantes ne résonnent pas encore dans l'espace public cubain, l'émergence du secteur privé et l'ouverture aux capitaux étrangers initiée par Raul Castro depuis son arrivée au pouvoir en 2008 préoccupe certains cercles du pouvoir, par intérêt ou idéologie.Ces dernières années, ces réserves se sont matérialisées dans une résistance passive à divers échelons de l'appareil d'Etat, poussant Raul Castro à tancer fréquemment "la bureaucratie" qui freine les réformes, et à multiplier les appels à "un changement de mentalité". Ce congrès a permis de "ratifier le modèle de réforme économique graduelle, qui offre d'importants avantages au parti communiste", explique à l'AFP Arturo Lopez-Levy, politologue cubain de l'Université de Texas Rio Grande Valley, aux Etats-Unis.

Ce faisant, le président cubain "offre à l'élite politique suffisamment d'espace pour coopter les secteurs émergents (...) et être en mesure de revenir en arrière en cas d'actions menaçant la continuité du système de parti unique", ajoute l'expert.

Source: Figaro