Seuls 9 % des Français prêts à accueillir des réfugiés chez eux

Samedi, 21 mai, 2016 - 10:00

Accueillir des réfugiés, oui par principe, mais pas à mon domicile. Voilà ce qui pourrait résumer un sondage international commandé par Amnesty International à propos de l’accueil des réfugiés, pour la France.  Un sondage réalisé en février 2016, par téléphone, auprès de 1 000 Français âgés de 18 ans et plus. A la question « à quelle échelle de proximité seriez vous prêt à accueillir des réfugiés persécutés ou fuyant la guerre ? », ils sont 9 % à répondre « chez moi», 19 % à répondre « dans mon quartier», 28 %, « dans ma ville, mon village» et 26 % « dans mon pays » tandis que 17 % répondent « je refuse qu’ils entrent dans mon pays ».

Si 82 % des Français sont favorables à l’accueil des réfugiés réellement persécutés – selon ce sondage qui en contredit d’autres – le chiffre s’effrite donc largement quand l’accueil se concrétise géographiquement (plus que 56 % dans sa ville et 28 % chez soi ou dans son quartier). Il y a donc clairement une différence entre l’idéologie – une majorité se dit par principe favorable à l’accueil de réfugiés – et la pratique – une majorité ne veut pas en accueillir dans son quartier ou chez soi. A contrario, 61 % des Russes refusent de prendre les réfugiés chez eux,

A la question : « les Hommes doivent pouvoir trouver refuge dans un autre pays si ils sont menacés dans le leur », 77 % des Français approuvent comme 94 % des Allemands et 93 % des Espagnols (contre seulement 27 % des Thailandais ou 47 % des Turcs). Ils sont également 63 % de Français à estimer que nos gouvernants devraient en faire plus pour aider les réfugiés fuyant la guerre et les persécutions, sans qu’Amnesty International ne précise les modalités de l’aide attribuée.

La Chine, l’Allemagne et le Royaume-Uni (respectivement 85, 84 et 83 sur 100) ont par ailleurs le meilleur index « Refugees Welcome », basée sur les statistiques concernant l’échelle d’accueil des réfugiés, la France obtenant 56 sur 100.

Le sondeur GlobeScan  travaille couramment pour de grosses multinationales comme Nestlé, Nike, Pepsico, WaltDisney, Siemens, Barclays ou Goldmann Sachs. Il est adhérent du Pacte mondial (Global Compact) des Nations Unies et s’est ainsi engagé à agir en faveur des dix valeurs du Pacte, dont la première est de « promouvoir et respecter la protection du droit international relatif aux droits de l’homme dans leur sphère d’influence », ce qui peut éventuellement faire planer un doute sur la neutralité de ses analyses.

« La méthodologie de GlobeScan est pour le moins étrange », estime d’ailleurs un spécialiste de la communication.  « Ce curieux sondage a été réalisé dans vingt-sept pays avec des échantillons allant de 704 personnes en Grèce à 2 000 personnes en Afrique du Sud. On a interrogé 1 055 personnes en Chine et 1 269 en Inde, ce qui est très insuffisant. »

Source : Breizh Info