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Méfions-nous de l’Africanisme: science créée pour l’Africain contre l’Africain

27.05.2022

C’est au XVe siècle que les Européens commencèrent à prendre contact avec les régions côtières de l’Afrique subsaharienne et à produire des œuvres littéraires qui vont notamment servir de sources pour les historiens modernes. Toutefois, ces auteurs n’avaient nullement l’intention, du moins pas immédiatement, de rédiger des ouvrages d’histoire de l’Afrique, car leur but essentiel était de décrire la situation contemporaine du continent pour des besoins personnels. En effet, à cette époque, la tendance maîtresse de la culture européenne méprisait les autres civilisations, et principalement les sociétés africaines qui n’avaient, selon eux, pas d’histoire digne d’être étudiée. Plus tard, avec la colonisation, les penseurs européens prônant les idées hégéliennes, soutenues par celles de Darwin, désigneront les sciences humaines et naturelles telles que l’anthropologie, la linguistique ou l’ethnologie, dont les méthodologies non historiques permettent d’étudier et d’évaluer les cultures et les sociétés des peuples  dits « primitifs » et « inférieurs » aux Européens, comme étant les plus appropriées pour parler des Africains . Ces sciences humaines et naturelles deviendront les piliers d’une nouvelle science fabriquée spécialement pour étudier l’Afrique: l’africanisme. Et lorsqu’au début du 20ème siècle, l’histoire devient une science fondée uniquement sur l’analyse rigoureuse des sources originales et principalement écrites, l’Afrique, qui selon la pensée occidentale est une civilisation de l’oralité, n’aura pas droit à une histoire écrite. C’est ainsi qu’A. P. Newton, fondateur du Royal Anthropological Institute déclarera: « L’Afrique n’a pas d’histoire avant l’arrivée des Européens. L’histoire commence quand l’homme se met à écrire ». Aujourd’hui, peut-on dire que l’Afrique possède réellement une histoire écrite? Si oui, par qui est-elle écrite et sur base de quelles sciences principalement? Aussi, comment l’Africain aura t-il réussi ou non à s’imposer dans un paradigme universitaire institué et typiquement eurocentrique afin d’écrire ou de ré-écrire son histoire?

Alexandre Douguine : « Kemi Seba, espoir africain d’un monde multipolaire  »

19.05.2022

Alexandre Douguine est le philosophe et idéologue le plus influent en Russie aujourd’hui. De formation traditionaliste, sa pensée basée sur le multipolarisme a largement contribué à influencer la politique russe ces dernières années. Il a théorisé le concept de « Quatrième Théorie Politique ». Selon lui, les idéologies modernes telles que le libéralisme, le communisme ou le nationalisme ne permettent pas de trouver une réponse à l’hydre mondialiste néolibérale à laquelle toute civilisation est confrontée. Pour cela, selon lui, la construction de grands pôles forts, des États-Civilisations autodéterminés, libres de l’hégémonie occidentale, du néolibéralisme et de l’impérialisme OTAN-ien est impérative. Afrique-Mère ne peut voir qu’une forme de salut dans ce concept de multipolarité, dans la Quatrième Théorie Politique dans sa forme africaine (que nous appelons « afrocratie ») et dans le panafricanisme sous doxa souverainiste. En décembre 2017, Douguine avait rencontré Kemi Seba, qui est la personnalité la plus influente du panafricanisme au 21e siècle et président-fondateur de l’ONG Urgences Panafricanistes. Dans le livre de Kemi Seba, « L’Afrique libre, ou la mort » , publié en 2018, le philosophe anti-mondialiste et anti-libéral Douguine, a écrit une préface qu’o vous propose dans cet article. [Afrique-Mère]

La dérive anti-française en Afrique, comment Paris risque de perdre le Sahel

04.02.2022

Ces derniers jours, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian n'a pas mâché ses mots à l'égard de la junte militaire qui dirige le Mali depuis mai dernier. Selon le représentant de la diplomatie française, le gouvernement malien actuel est "illégitime" et prend des "mesures irresponsables". Bamako ne l'entend pas de cette oreille.